
Vous n’avez jamais remarqué à quel point tous les réseaux sociaux populaires appuient discrètement leur marketing sur un aspect naturellement vicieux de votre personnalité ?
Je ne parle même pas des Meetic, Match.com, et autres plateformes sociales explicitement adultes, et qui ne s’en cachent absolument pas.
(d’ailleurs, on se laisse volontiers oublier que ces plateformes étaient parmi les avant-gardistes du web social)
Non, je parle des qualités ambigües auxquelles Facebook ou Twitter semblent tenter de faire appel sur leur positionnement différenciant.
Car finalement :
- quel est l’intérêt animal et primaire de Twitter à part la volonté de gagner en popularité, et laisser impunément son égo manger ce qui nous reste d’humilité, et ce sans aucune gêne ressentie ?
- quel est l’intérêt animal et primaire de Facebook à part de se représenter soi-même comme une marque (ego toujours !), et d’aller espionner les marques des autres et s’en faire une opinion ?
- quel est l’intérêt animal et primaire des LinkedIn/Viadeo, si ce n’est d’offrir un appui à ses opportunités business ? (money money money…)
Il existe des moyens plus nobles d’utiliser toutes ces plateformes, bien sûr (et je ne doute pas que vous en fassiez bon usage, mais oui mais oui !) ; pourtant ceux qui se cantonnent à leurs intérêts primaires oublient que de l’autre côté, leurs contacts jouent le même jeu, et que le jeu s’en retrouve biaisé :
- les vaniteux de Twitter retweetent le tweet de leur voisin disant qu’il fait beau, parce qu’ils espèrent que leur voisin retwittera leur tweet à eux disant qu’il fait moche.
- les voyeurs/exhibitionnistes de Facebook basent leurs opinions sur les “marques personnelles” d’autrui qui sont tout autant contrôlées au millimètre que les leurs ; et ils ne se rendent pas tellement compte qu’ils seront jugés pour leurs publications, tout autant qu’ils jugent celles des autres.
- les opportunistes de Viadeo/LinkedIn ne recevront de propositions d’embauches que par d’autres opportunistes (money money money, encore…)
Alors quoi ?
Les réseaux sociaux auraient-ils une réputation naturellement si désastreuse, qu’ils se doivent de jouer du côté obscur de la Force pour inciter le public à dépasser l’étape du formulaire d’inscription ?
Et surtout, à quoi devront donc ressembler les axes marketing des futurs succès sociaux ? Curieux.com, le réseau social où on se regroupe pour parler de la vie privée de ses voisins, comme on parle de celle de nos politiques et people dans les magazines-papier-toilettes ? Jaloux.com, où l’on peut sans gêne parler de la petite amie “bombasse” de son collègue de travail ? Baston.com, le réseau social où tout le monde a le droit de gueuler sur tout le monde ? (je détecte une récente propension à la haine irrationnelle, chez mes contemporains)
Mais surtout et par-dessus tout : est-ce qu’on s’en fout pas un peu finalement, tant qu’on peut toujours trouver derrière ces discours marketing lassants , des moyens de communication virtuelle riches et variés, pour converser comme il ne nous aurait jamais été possible avec des gens de qualité malgré tout ?
Oui en fait on s’en fout mais j’ai quand même lu tout ton article. Tu es fort en médias sociaux, espèce de pervers.
Je prends cette perversion pour un compliment !